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LE PARLER DES ÎLES-DE-LA-MADELEINE

MadeliMots : lexique madelinot

Les mots pis les expressions qu’on dit aux Îles, et souvent nulle part ailleurs. Pour les Madelinots qui savent déjà, pis pour les « étranges » qui veulent comprendre ce qu’on leur conte.

Le parler madelinot, c’est le français qu’on parle aux Îles-de-la-Madeleine, dans le golfe du Saint-Laurent. Il a des racines acadiennes, un vocabulaire qui sent la mer et la pêche, avec quelques mots empruntés à l’anglais. Ce lexique en constante évolution rassemble les mots et les expressions qu’on entend chez nous, avec leur définition et une phrase pour les entendre un peu. Des questions sur le parler madelinot? Voir la FAQ →

114 mots et expressions · Mis à jour le 7 novembre 2026

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A


Amârable

adjectif — En madelinot, amârable se dit de quelqu’un ou de quelque chose qui devrait être amarré, attaché. Voir aussi : amarrer.

« Lui, quand t’sa femme est morte, il a v’nu fou amârable. »


Amariner (s’)

verbe — Aux Îles-de-la-Madeleine, s’amariner, c’est s’habituer à la chaleur de l’eau quand on se baigne, mais aussi s’habituer à pas mal toute.

« Si c’est ta première journée à la job, prend le temps de t’amariner pis ça va bien aller. »


Amarrer

verbe — Amarrer, c’est attacher un bateau avec des amarres. Mais chez nous, aux Îles, on remplace « attacher » par « amarrer » dans plusieurs situations. Voir aussi : amârable.

« Michel, va amarrer l’chien déhors! »


À mocable

locution — À mocable, c’est la version madelinienne de l’expression « manquablement » : évidemment.

« À mocable que l’père Noël existe pas? »


Aouindre

verbe — En madelinot, aouindre veut dire sortir quelque chose de quelque part.

« Y fâ assez frette que j’ai aouindu mes mitaines. »


Armenas

nom commun — Des armenas, aux Îles, ce sont des exagérations. Pis on est bons là-dedans. Voir aussi : palabres, étarqué.

« Arrête tes grand’s armenas! »


Attiner

verbe — Attiner, en madelinot, c’est agacer, achaler, baver… mais généralement pas méchamment.

« Si t’arrête pas d’m’attiner, j’va te l’ver la peau! »


Avoir la fale basse

locution — Aux Îles-de-la-Madeleine, avoir la fale basse, c’est avoir l’air déprimé, découragé.

« Prendras-tu un p’tit gin; me semble que t’as la fale basse pas mal? »

B


Badjeuler

verbe — Aux Îles-de-la-Madeleine, badjeuler, c’est chialer, se plaindre. Voir aussi : petouner.

« Il était temps qu’les vacances finissent; les enfants étaient tout l’temps après badjeuler. »


Barbocher

verbe — En madelinot, barbocher, c’est se promener d’une maison à l’autre pour prendre un coup.

« Tous les vendredis qu’le bon djeu nous amène, on part barbocher dans l’bout de su’ les Caps. »


Bâsir

verbe — Bâsir, aux Îles, veut dire disparaître. On l’utilise souvent quand on veut se débarrasser de quelque chose : faire bâsir.

« Quand t’j’ai vu que mes tchulottes avaient le fond clair, j’t’les ai fait bâsir! »


Beausir

verbe — En parlant de la météo, beausir, aux Îles, c’est embellir, devenir (plus) beau.

« À date, il fait pas traître, mais ça va finir par beausir pis on va pouvoir aller su’ la plage. »


Bedoux

adjectif et nom commun — Bedoux (bedouse au féminin), en madelinot, veut dire gros, avoir du ventre. On peut l’utiliser autant pour quelqu’un que pour quelque chose.

« Oué, ben, me semble t’i’ qu’la poche du Père-Noël était moins bedouse c’t’année? D’après moâ, l’inflation s’a rendu au Pôle-Nord. »


Beulvette

nom commun — Des beulvettes, aux Îles, ce sont des tisons, des flammèches.

« Lui pis elle ensemble, ça fa des beulvettes. »


Bichetée

nom commun — Une bichetée, en madelinot, c’est un petit morceau. Y aller à petites bichetées, c’est y aller peu à peu.

« J’trippe pas tant su’ l’chiard à la viande salée, faque j’y va à coup de p’tites bichetées. »


Bixer (faire)

verbe — Faire bixer quelqu’un, aux Îles, c’est le rendre jaloux.

« Quand t’j’vois les photos d’tcheuqu’un le tchu au chaud, dans l’Sud, ça m’fait bixer en godam! »


Blouser (se)

verbe — Se blouser, en madelinot, veut dire se tromper.

« Dans l’temps d’la COVID, quand t’l’Premier minisse a dit “Ça va bien aller”, i’ s’a blousé en godam. »


Bouchure

nom commun — Une bouchure, aux Îles-de-la-Madeleine, c’est une clôture, souvent barbelée, qui servait à garder les bêtes (les vaches) ensemble. Voir aussi : zigne, râclo.

« Quand il a vu le boeuf s’en venir en courant, il a djompé par-dessus la bouchure. »


Bouillée

nom commun — Une bouillée, en madelinot, c’est une grande quantité, surtout quand on parle de petits fruits sauvages.

« Whate grosse bouillée de fraises que j’ai ici! »


Bourrier

nom commun — Un bourrier, aux Îles, c’est le tas de poussière qui attend de se faire ramasser par un balai.

« J’ai quasiment fini d’passer l’balai. Faque si tu marches dans mon bourrier, j’te lève la peau! »


Braquer

verbe — Braquer, en madelinot, c’est partir en direction de, prendre le chemin de.

« Aussitôt que tcheuqu’un braquait pour la grand-terre, on y demandait de nous ramener du McDo. »


Bretchin

nom commun — Un bretchin, aux Îles-de-la-Madeleine, c’est une botte d’hiver haute à lacets, souvent avec un col en fourrure.

« J’viens d’m’acheter des nouveaux bretchins flambants neufs au P’tit Pichou, à Fatima. »

C


Canneçan

nom commun — Une canneçan, en madelinot, c’est une culotte, un caleçon.

« I’ fait frette déhors; met tes grands canneçans. »


Capseyer

verbe — Capseyer, aux Îles, veut dire tomber, chavirer.

« À force de s’galancer fort de même, a va finir par capseyer. »


C’est t’i’…?

locution — C’est t’i’…?, c’est la façon madelinienne de demander « Est-ce que c’est…? ».

« Mais c’est t’i’ vraiment vrai? »


Chose

nom commun — Aux Îles, chose, ça peut être un objet, une personne… ou une chose. Voir aussi : machine.

« Tsé, la fille à chose, là… ben a sort avec le gars à machine, qu’avait le bateau bleu su’ l’quai de Cap-aux-Meules. »


Corver

verbe — Corver, en madelinot, veut dire crever, mourir. On l’utilise aussi dans le sens de rire beaucoup.

« Moi quand mononc’ Jean-Louis enlève sa postiche pis son dentier, i’ m’fa corver. »


Crolo

nom commun — Le crolo, aux Îles-de-la-Madeleine, c’est la tête.

« Non, c’est non! Rentre-toi ça dans l’crolo comme i’ faut! »


C’tu fâ?

locution — C’tu fâ?, c’est la façon madelinienne de demander « Que fais-tu? ». Voir aussi : Qu’osse tu fas?

D


Débardoter

verbe — Débardoter, en madelinot, c’est partir, s’enlever de là rapidement.

« Moi, quand la bataille poigne au Bar des Îles, j’débardote de d’là, pis vite. »


Décalventré

adjectif — Décalventré, aux Îles, veut dire décolleté : aux vêtements largement ouverts à l’avant.

« A l’était assez décalventrée qu’on y voyait quasiment le nombouril. »


Défourrasser

verbe — Défourrasser, en madelinot, c’est fouiller.

« Quosse tu fais à défourrasser ta chambre de même? As-tu perdu tes verres de contact? »


Défricheter

verbe — Défricheter, aux Îles, veut dire démêler.

« Quand t’vient le temps des impôts, whate misère que j’ai à toute défricheter ça. »


Déglober

verbe — Déglober, en madelinot, c’est capoter.

« Moi, si i’ mouille encore demain matin, c’est garanti que j’va déglober! »


Dégoter (se)

verbe — Se dégoter, aux Îles, c’est tousser pour se dégager de ce qui nous est pris dans la gorge. Voir aussi : s’engotter.

« As-tu fini d’te dégoter fort de même? Tu déranges tout le monde! »


Dégrayer (se)

verbe — Se dégrayer, en madelinot, c’est enlever son manteau, se déshabiller.

« Y fait encore frette en godam déhors; c’est pas l’temps d’se dégrayer, tu vas attraper la mort! »


Djâbler (faire)

verbe — Faire djâbler quelqu’un, aux Îles, c’est le faire fâcher. Voir aussi : émoustiquer, faire parler.

« Quatre ans c’t’année qu’on peut pas aller ouare les loups-marins parce qu’y’a pas d’glace. J’te dis qu’c’te météo-là nous fait djâbler! »


Djomper

verbe — Djomper, en madelinot, veut dire sauter, sursauter. Le mot vient de l’anglais jump.

« Si y peut s’mette à faire chaud, tu vas m’ouare djomper dans l’char, pis givatôme su’ l’Sandy Hook avec ma serviette pis une canisse de p’tites saucisses! »


Djypentwice

nom commun et blasphème — Djypentwice, c’est un juron madelinot qui veut dire « Maudit! ». Voir aussi : godêche.

« Ah mon djypentwice, toi! »


Dolosse

nom commun — Un dolosse, c’est un bloc de béton de forme géométrique complexe, utilisé entre autres aux Îles pour protéger les havres de pêche contre l’érosion causée par les vagues. (Pas tant un MadeliMot, mais on me demande souvent ce que c’est 😉 )

« C’est calme, c’est beau… assis sur un dolosse à l’anse de mon Étang-du-Nord. »


D’y’ousse tu r’sous?

locution — D’y’ousse tu r’sous?, c’est la façon madelinienne de demander « Tu arrives d’où? ». Voir aussi : r’ssoudre.

E


Élan (un)

nom commun — Un élan, aux Îles, c’est un plus ou moins long moment. Voir aussi : traille.

« Astheure qu’la pêche est finie, ça va prendre un élan avant qu’on aille su’ l’eau. »


Emborné

adjectif — Emborné, en madelinot, veut dire tout sale.

« La dernière fois qu’j’ai vu un touriste manger du homard, il a fini tout emborné. »


Emborvé

adjectif — Emborvé, aux Îles-de-la-Madeleine, veut dire détrempé, mouillé de bord en bord.

« I’ mouille à scieau; j’suis tout emborvé. »


Émoustiquer

verbe — Émoustiquer, en madelinot, c’est se fâcher. Voir aussi : faire djâbler.

« Toi, émoustique-me pas, parce que chus p’être pas gros, mais chus mauvais. »


Engotter (s’)

verbe — S’engotter, aux Îles, c’est s’étouffer en buvant ou en mangeant. Voir aussi : se dégoter.

« À force de manger à c’te vitesse-là, i’ va finir par s’engotter. »


Épâré

verbe — Épâré, en madelinot, veut dire étendre, répandre.

« Les enfants ont tout épâré leurs jouets dans l’salon. »


Escarrer (s’)

verbe — S’escarrer, aux Îles, c’est s’installer confortablement.

« Aussitôt qu’il arrive chez eux, i va s’escarrer su son chesterfield pou’ la soirée. »


Escrampe

adjectif — Escrampe, en madelinot, veut dire courbaturé.

« J’ai manière de hâte que l’temps s’hausse un p’tit brin! Moi, l’humidité, ça fait que j’me lève le matin tout escrampe. »


Espérer

verbe — Aux Îles-de-la-Madeleine, espérer veut dire souhaiter, oui, mais aussi attendre, patienter.

« Mais t’es manière de pressé : espère ouare une p’tite minute! »


Étarqué

adjectif — Étarqué, en madelinot, veut dire exagéré. Voir aussi : armenas.

« Le passeport vaccinal pour aller s’chercher un p’tit 26 onces à la commission des liqueurs, c’était étarqué en calvunus. »


Étarquer (s’)

verbe — S’étarquer, aux Îles, c’est forcer au maximum, y aller de son plus fort. Souvent relié à l’action de lancer quelque chose.

« Il voulait j’y lance la boule… ben j’l’ai étarqué pis il a jamais été capable de l’attraper. »


Étrange

nom commun — Pour un Madelinot, un étrange, c’est quelqu’un qui vient pas des Îles. Pas une insulte : juste un fait.

« Pis l’été, avec ses étranges à qui il faut expliquer le parler madelinot. »


Être en avant d’sa boueille

locution — Être en avant d’sa boueille (de sa bouée), en madelinot, c’est être un peu au-dessus de ses affaires.

F


Face de Mi-Carême

locution — Aux Îles-de-la-Madeleine, une face de Mi-Carême, c’est une insulte pour parler de quelqu’un qui a l’air bête ou qui est plutôt laid. L’expression vient de la Mi-Carême, une fête traditionnelle qui marque la moitié du Carême chrétien, encore célébrée à Fatima. Les gens se costument pour passer les maisons, un peu comme à l’Halloween, mais avec de la bagosse au lieu des bonbons 😉

« Pas encore toâ, avec ta grand’ face de Mi-Carême! »


Faire parler

locution — Faire parler, en madelinot, c’est défier l’autorité, faire fâcher. Voir aussi : pirate.

« Godam qu’i’ sont pirates, ces enfants-là. Tout le temps après faire parler. »


Faraud

nom commun ou adjectif — Un faraud, aux Îles, c’est quelqu’un de frais-chier, arrogant, vantard.

« Je l’sais qu’t’as assez d’argent pour acheter les Îles au grand complet. Arrête de faire ton faraud! »


Fatchin

nom commun — Un fatchin, en madelinot, c’est quelqu’un d’insouciant et paresseux.

« Mon chum fâ nothing et tall dans la maison. Un vrâ fatchin! »


Flâtre

adjectif — Être flâtre, aux Îles, c’est manquer de vigueur.

« Me semb’ que t’es pas mal flâtre à matin. Pour moi, y’en a qu’a resté tard au Barachois hier soir… »


Flo

nom commun — Aux Îles-de-la-Madeleine, un flo, c’est un enfant. Voir aussi : mousse.

« Je viens d’aller domper mes flos à la garderie. »

G


Galance

nom commun — Une galance, en madelinot, c’est une balançoire. Se galancer, c’est se balancer.

« Si tu cherche Sophe, a l’est su’ sa galance, en arrière d’la maison. »


Garrocher (se)

verbe — Se garrocher, aux Îles, c’est se précipiter, se lancer tête première.

« Le monde des Îles se garrochait là pour se ramener plusieurs douzaines de beignes à la maison. »


Godêche

nom commun et blasphème — Godêche, c’est un juron madelinot qui veut dire « Maudit! ». Voir aussi : djypentwice.

« Ah mon godêche, toi! T’auras ma main su’ la goule! »


Gorziller

verbe — Gorziller, en madelinot, c’est frissonner de dégoût. Voir aussi : ça fait zire.

« Cheuqu’un qui s’joue après les orteils, ça m’fait gorziller. »


Grand-terre

nom commun — Pour un Madelinot, la grand-terre, c’est le continent : tout ce qui est de l’autre bord de l’eau.

« Aussitôt son secondaire fini, il a braqué pour la grand-terre, pis on l’a jamais revu. »

H


Habit thermos

nom commun — Un habit thermos, aux Îles, c’est un habit de neige.

« Mets ton habit thermos, envoye su’ l’ski-doo pis givatôme par Fatima! »

L


Lique

nom commun — Un lique, en madelinot, c’est une fuite de liquide. Le mot vient de l’anglais leak.

« Quand t’tu jettes tes premières trawls d’l’année dans l’eau, c’est garanti qu’c’est pas l’temps d’trouver qu’ton botte lique. »


Lune pouellouse

locution — Une lune pouellouse, c’est une lune un peu sale. Aux Îles, les vieux prédisaient la météo en regardant la lune.

« Oué ben… la lune est pas mal pouellouse de soir. D’après-moi, y va venter d’main. »

M


Machine

nom commun — Aux Îles, machine, ça peut être un objet, une personne… ou une machine. Voir aussi : chose.

« Tsé, le gars à machine, là… qu’avait le bateau bleu su’ l’quai de Cap-aux-Meules… bon ben i’ sort avec la fille à chose. »


Madelinot, Madelinienne

nom commun et adjectif — Personne qui vient des Îles-de-la-Madeleine. Au masculin, on dit Madelinot; au féminin, c’est Madelinienne. Au pluriel : des Madelinots, des Madeliniennes. Comme adjectif, on dit le parler madelinot, mais on entend aussi madelinien : la culture madelinienne, la diaspora madelinienne.


Malengoulé (être)

adjectif — Être malengoulé, en madelinot, c’est être grossier, impoli.

« Mais t’es manière de malengoulé avec moi! J’t’ai t’i’ fâ d’quoi? »


Mangup

nom commun — Un mangup, aux Îles, c’est une collation.

« Si t’as coutume de t’faire un p’tit mangup à tous les soirs avant d’te coucher, ça s’pourrait qu’tu finisses par te l’ver avec un gros tchu! »


Masse fa qu’t’as fa ça?

locution — Masse fa qu’t’as fa ça?, c’est la façon madelinienne de demander « Pourquoi as-tu fait ça? ».


Messe

nom commun — Un messe, en madelinot, c’est une grande quantité de quelque chose, ou un gros dégât.

« Mais whate messe d’homard qu’on s’a fa vendredi passé. »


Mousse

nom commun — Aux Îles-de-la-Madeleine, un mousse, c’est un enfant. Voir aussi : flo.

« À qui c’t’es l’mousse? »

N


Nage

nom commun — Être en nage, en madelinot, c’est suer.

« L’été passé, j’ai été à Montréal en pleine canicule. I’ faisait assez chaud, que yèque à rincher d’la gomme, j’v’nais tout en nage! »


Narffe

nom commun — Les narffes, aux Îles, ce sont les nerfs.

« Lui, il en a assez fâ, qu’il a fini par nous taper sur les narffes. »

O


Ouéllo

nom commun — Un ouéllo, en madelinot, c’est un type d’arbre, un genre de saule.

« Si on avait eu c’te verglas-là ici, mes ouéllos auraient fini dans l’canal! »

P


Palabres

nom commun — Aux Îles-de-la-Madeleine, les palabres, ce sont les histoires qui courent, vraies ou pas. Voir aussi : armenas.

« Les palabres, c’est fait pour voyager. »


Pas etchette

locution — Pas etchette, en madelinot, veut dire pas achalé, pas inquiété.

« Ah ben, c’est toi qui a été élu maire de la municipalité? Ouin, t’es pas etchette. »


Pelleiller

verbe — Pelleiller, aux Îles, c’est pelleter.

« Rita, tu vas pouwoir sortir ton char; j’ai toute pelleiller l’entrée à matin. »


Petouner

verbe — Petouner, en madelinot, c’est chialer. Voir aussi : badjeuler.

« Su’ Facebook, tout l’temps qu’ça petoune. »


Pirate

nom commun — Aux Îles, un pirate, c’est le gars avec une jambe de bois et un perroquet sur l’épaule… mais aussi quelqu’un d’espiègle, de déplaisant. Voir aussi : faire parler.

« Son gars? C’est un vrai p’tit pirate! »


Poigner le râclo

locution — Poigner le râclo, en madelinot, c’est prendre le champ avec son auto, par exemple. Voir aussi : râclo.


Pourginée

nom commun — La pourginée, aux Îles, c’est la descendance, la lignée.

« Si ça continue, va falloir qu’i s’achète un autobus pour traîner toute sa pourginée avec lui. »


Poutch

nom commun — Une poutch, en madelinot, c’est un étui à crayons. Le mot vient de l’anglais pouch.

« Si tu trouves pas ton crayon, garde dans ta poutch; i’ doit être là. »

Q


Quosse

pronom — Quosse, en madelinot, veut dire quoi ou qu’est-ce que.

« Quosse tu dis là, toâ? »


Qu’osse tu fas?

locution — Qu’osse tu fas?, c’est la façon madelinienne de demander « Qu’est-ce que tu fais? ». Voir aussi : C’tu fâ?

R


Rabousiner

verbe — Rabousiner, aux Îles, c’est réparer sommairement, botcher une jobine.

« À c’te prix-là, j’espère qu’le garage va pas yèque rabousiner mon char. »


Râclo

nom commun — Un râclo, en madelinot, c’est un terrain clôturé. Voir aussi : poigner le râclo, bouchure.

« Avec la tempête qu’y’a eu ici, y’avait what a pilot de neige dans l’râclo! »


Raiser

verbe — Raiser, aux Îles, veut dire rayer, barrer.

« Il a dit B-9; tu peux l’raiser d’su’ ta carte. »


Ramander

verbe — Ramander, en madelinot, c’est toujours demander quelque chose, insister pour avoir de quoi.

« Arrête de ramander, sinon, c’est la dernière fois que maman t’ameune chez Peoples. »


Remaine

nom commun — Une remaine, aux Îles, c’est une balance pour se peser.

« Astheure que j’travaille de t’chez nous, me semble que j’suis tout l’temps après d’manger. Amène ouare la remaine ici que j’voueille si j’ai pas trop engraissé. »


Renfougner

verbe — Renfougner, en madelinot, c’est ramasser négligemment, froisser.

« J’ai trouvé mon casse de poil toute renfougné en arrière d’la chaise dans l’salon. »


Rincher

verbe — Rincher, aux Îles, veut dire mâcher.

« À tous les fois qu’i’ joue à la balle-meule, i’ rinche sa gomme comme un gars d’Fatima. »


R’ssoudre

verbe — R’ssoudre, en madelinot, c’est arriver de manière inattendue. Voir aussi : D’y’ousse tu r’sous?

« Déjà la Mi-Carême. Tu vas en ouare une gang r’ssoudre par ici après c’temps ici! »

S


Sagan

adjectif ou nom commun — Un sagan, aux Îles, c’est quelqu’un de malpropre, déguenillé.

« Y en avait une gang de sagans su’ la plage après-midi; ils ont toute laissé leurs cochonneries là. »


Scrigne

nom commun — Un scrigne, aux Îles-de-la-Madeleine, c’est un moustiquaire. Le mot vient de l’anglais screen.

« Aweille, Armand! Go dans l’garage chercher les scrignes à mouche : les godams de maragouins sont sortis! »


Se pousser pour

locution — Se pousser pour quelqu’un, en madelinot, c’est avoir un kick sur, être en amour avec.

« Pour qui c’tu t’pousses? Moi, j’me pousse pour Annie. »


Slinguer

verbe — Slinguer, en madelinot, veut dire frapper, donner un coup.

« La dernière fois qu’i’ s’a battu au Barachois, i’ s’a fâ slinguer comme i’ faut su’ la djeule. »


Sneaker (à prononcer en français)

verbe — Sneaker, aux Îles, c’est espionner. Le mot vient de l’anglais sneak.

« Je l’ai surpris en train de sneaker par le châssis. »


Soleil de mer

nom commun — Un soleil de mer, aux Îles-de-la-Madeleine, c’est une méduse.

« Y avait une trawlée d’soleils de mer sur le Havre-aux-Basques après-midi! »


Squall

nom commun — Un squall, en madelinot, c’est une averse. Ça peut être une averse de pluie, mais on l’utilise aussi parfois pour parler d’une grosse quantité de quelque chose. Le mot vient de l’anglais squall, une bourrasque.

« Whate squall qui a eu déhors talleur. »


Subler

verbe — Subler, aux Îles, c’est siffler, siffloter.

« Tout bon pêcheur doit d’abord savoir subler en travaillant. »

T


Tabagane

nom commun — Une tabagane, en madelinot, c’est un traîneau, une traîne sauvage.

« Après l’école, ça te tentra t’i’ de v’nir faire d’la tabagane su’ la butte du Carnaval? »


Tambour

nom commun — Aux Îles, le tambour, c’est l’entrée de la maison : la petite pièce adjacente à la maison qui servait d’entrée.

« Reste pas dans l’tambour, passe dans l’salon! »


Tcheuque

déterminant — Tcheuque, en madelinot, veut dire quelques.

« J’ai pris tcheuque saucisses à Côte-à-Côte pou’ souper. »


Tchoeur à sang

locution — Avoir le tchoeur à sang, aux Îles, c’est avoir des brûlures d’estomac.

« J’sais pas masse fait, mais ces temps ici, à tous les fois que j’mange des chips, me semble t’i’ qu’j’ai l’tchoeur à sang… »


Trafilée

nom commun — Une trafilée, en madelinot, c’est une grande quantité, un en arrière de l’autre.

« Non, mais whate trafilée d’monde au Decker Boy! »


Traille

adverbe — Une traille, aux Îles, c’est une unité de mesure de temps. Souvent longue. Voir aussi : élan.

« Whate traille qu’on s’a pas vu! Yousse que t’étais? »

W


Whate

déterminant — Whate, en madelinot, veut dire quel, quelle. Le e de la fin se prononce. Le mot vient de l’anglais what.

« Whate affaire de monde qu’y avait aux P’tits bateaux su’ la Grave aujourd’hui! »

Y


Yèque

adverbe — Yèque (se dit aussi yinque, en québécois), aux Îles, veut dire juste, uniquement, seulement.

« J’ai yèque acheté une ou deux affaires chez SAAN dans l’temps qu’on avait ça aux Îles. »

Z


Zigne

nom commun — Le zigne, en madelinot, c’est une broche de métal qui a la particularité de pas rouiller, dont on se sert pour faire des clôtures pour animaux. Voir aussi : bouchure.

« L’année qui vient, ça va prendre du zigne parce qu’i’ va falloir toute refaire la bouchure. »


Zire (ça fait)

locution — Ça fait zire, aux Îles, ça veut dire ça dégoûte. Voir aussi : gorziller.

« J’ai eu un professeur de catéchèse qui a déjà échappé son dentier sur le pupitre d’un élève en parlant. Juste y penser, ça me fait zire! »

FOIRE AUX QUESTIONS

FAQ sur le parler madelinot

Qu’est-ce que le parler madelinot?

C’est la façon de parler français propre aux Îles-de-la-Madeleine : un vocabulaire, des expressions et des accents qu’on retrouve souvent nulle part ailleurs. Des mots comme badjeuler, flo ou grand-terre en sont de bons exemples.

D’où vient le parler madelinot?

La plupart des Madelinots descendent d’Acadiens. Le parler des Îles est donc d’abord un français acadien. Avec les années, il s’est enrichi de mots de la mer et de la pêche, et de mots venus de l’anglais, comme scrigne (screen), whate (what) ou lique (leak).

C’est de l’acadien ou du québécois?

Un peu des deux. Les spécialistes le rattachent historiquement au français acadien, mais les Îles font partie du Québec depuis l’Acte de Québec (1774), et les contacts avec le Québec l’ont fait évoluer, surtout dans la deuxième moitié du 20e siècle.

Est-ce qu’on parle pareil partout aux Îles?

Non! D’un village à l’autre, l’accent change. Au Havre-aux-Maisons, les « r » deviennent des « y ». Au Havre-Aubert, on les roule. À Grande-Entrée, on y ajoute un son « gue ». Tous les détails sont dans la section « Un archipel, plusieurs accents », plus haut.

Comment on appelle les gens des Îles?

Un Madelinot, une Madelinienne. Voir l’entrée Madelinot, Madelinienne du lexique.

Tout le monde parle français aux Îles?

Pas tout à fait. Les Îles comptent aussi une communauté anglophone, surtout à Grosse-Île et à l’île d’Entrée.

Je connais un mot qui est pas là. Je peux le proposer?

Oui! Le lexique grossit grâce aux lecteurs. Envoyez votre mot avec sa définition à l’aide du bouton « Proposer un mot », juste en dessous.

Il manque un mot?

C’est sûr qu’ils sont pas tous là! Envoyez-moi le vôtre, avec votre définition et je l’ajouterai.