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LE PARLER DES ÎLES-DE-LA-MADELEINE
MadeliMots : lexique madelinot
Les mots pis les expressions qu’on dit aux Îles, et souvent nulle part ailleurs. Pour les Madelinots qui savent déjà, pis pour les « étranges » qui veulent comprendre ce qu’on leur conte.
Le parler madelinot, c’est le français qu’on parle aux Îles-de-la-Madeleine, dans le golfe du Saint-Laurent. Il a des racines acadiennes, un vocabulaire qui sent la mer et la pêche, avec quelques mots empruntés à l’anglais. Ce lexique en constante évolution rassemble les mots et les expressions qu’on entend chez nous, avec leur définition et une phrase pour les entendre un peu. Des questions sur le parler madelinot? Voir la FAQ →
114 mots et expressions · Mis à jour le 7 novembre 2026
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AVANT DE COMMENCER
Un archipel, plusieurs accents
D’un village à l’autre, on se swigne pas la langue de la même façon. Petit tour d’horizon avant de plonger dans les mots.
Secteur du Havre-aux-Maisons
Les « r » deviennent des « y ».
« Ayête tes guillands aillemanas. »
Secteur du Havre-Aubert
Les « r », on les roule pour vrai.
« En quat’ rrrroues su’ la Grrrrave. »
Secteur de L’Étang-du-Nord
On est lousse du mâche patate; la prononciation, pas notre fort.
« Ché pas quosse tu fâ, mais mô j’fâ rien. »
Secteur du Fatima
Le son « eu » devient comme par magie « euille ».
« T’auras ma mân dans les ch’feuille. »
Secteur du Bassin
On roule nos « r » autant qu’au Havre, mais nos « s » chuintent aussi un p’tit brin.
« En quat’ rrrroues dans l’ch’min du Bachin. »
Secteur de Grande-Entrée
Les « r » sont souvent accompagnés du son « gue ». Oui oui.
« Chu rguev’nue à la Grguant-Entrguée. »
A
Amârable
adjectif — En madelinot, amârable se dit de quelqu’un ou de quelque chose qui devrait être amarré, attaché. Voir aussi : amarrer.
« Lui, quand t’sa femme est morte, il a v’nu fou amârable. »
Amariner (s’)
verbe — Aux Îles-de-la-Madeleine, s’amariner, c’est s’habituer à la chaleur de l’eau quand on se baigne, mais aussi s’habituer à pas mal toute.
« Si c’est ta première journée à la job, prend le temps de t’amariner pis ça va bien aller. »
Amarrer
verbe — Amarrer, c’est attacher un bateau avec des amarres. Mais chez nous, aux Îles, on remplace « attacher » par « amarrer » dans plusieurs situations. Voir aussi : amârable.
« Michel, va amarrer l’chien déhors! »
À mocable
locution — À mocable, c’est la version madelinienne de l’expression « manquablement » : évidemment.
« À mocable que l’père Noël existe pas? »
Aouindre
verbe — En madelinot, aouindre veut dire sortir quelque chose de quelque part.
« Y fâ assez frette que j’ai aouindu mes mitaines. »
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Armenas
nom commun — Des armenas, aux Îles, ce sont des exagérations. Pis on est bons là-dedans. Voir aussi : palabres, étarqué.
« Arrête tes grand’s armenas! »
Attiner
verbe — Attiner, en madelinot, c’est agacer, achaler, baver… mais généralement pas méchamment.
« Si t’arrête pas d’m’attiner, j’va te l’ver la peau! »
Avoir la fale basse
locution — Aux Îles-de-la-Madeleine, avoir la fale basse, c’est avoir l’air déprimé, découragé.
« Prendras-tu un p’tit gin; me semble que t’as la fale basse pas mal? »
B
Badjeuler
verbe — Aux Îles-de-la-Madeleine, badjeuler, c’est chialer, se plaindre. Voir aussi : petouner.
« Il était temps qu’les vacances finissent; les enfants étaient tout l’temps après badjeuler. »
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Barbocher
verbe — En madelinot, barbocher, c’est se promener d’une maison à l’autre pour prendre un coup.
« Tous les vendredis qu’le bon djeu nous amène, on part barbocher dans l’bout de su’ les Caps. »
Bâsir
verbe — Bâsir, aux Îles, veut dire disparaître. On l’utilise souvent quand on veut se débarrasser de quelque chose : faire bâsir.
« Quand t’j’ai vu que mes tchulottes avaient le fond clair, j’t’les ai fait bâsir! »
Beausir
verbe — En parlant de la météo, beausir, aux Îles, c’est embellir, devenir (plus) beau.
« À date, il fait pas traître, mais ça va finir par beausir pis on va pouvoir aller su’ la plage. »
Bedoux
adjectif et nom commun — Bedoux (bedouse au féminin), en madelinot, veut dire gros, avoir du ventre. On peut l’utiliser autant pour quelqu’un que pour quelque chose.
« Oué, ben, me semble t’i’ qu’la poche du Père-Noël était moins bedouse c’t’année? D’après moâ, l’inflation s’a rendu au Pôle-Nord. »
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Beulvette
nom commun — Des beulvettes, aux Îles, ce sont des tisons, des flammèches.
« Lui pis elle ensemble, ça fa des beulvettes. »
Bichetée
nom commun — Une bichetée, en madelinot, c’est un petit morceau. Y aller à petites bichetées, c’est y aller peu à peu.
« J’trippe pas tant su’ l’chiard à la viande salée, faque j’y va à coup de p’tites bichetées. »
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Bixer (faire)
verbe — Faire bixer quelqu’un, aux Îles, c’est le rendre jaloux.
« Quand t’j’vois les photos d’tcheuqu’un le tchu au chaud, dans l’Sud, ça m’fait bixer en godam! »
Blouser (se)
verbe — Se blouser, en madelinot, veut dire se tromper.
« Dans l’temps d’la COVID, quand t’l’Premier minisse a dit “Ça va bien aller”, i’ s’a blousé en godam. »
Bouchure
nom commun — Une bouchure, aux Îles-de-la-Madeleine, c’est une clôture, souvent barbelée, qui servait à garder les bêtes (les vaches) ensemble. Voir aussi : zigne, râclo.
« Quand il a vu le boeuf s’en venir en courant, il a djompé par-dessus la bouchure. »
Bouillée
nom commun — Une bouillée, en madelinot, c’est une grande quantité, surtout quand on parle de petits fruits sauvages.
« Whate grosse bouillée de fraises que j’ai ici! »
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Bourrier
nom commun — Un bourrier, aux Îles, c’est le tas de poussière qui attend de se faire ramasser par un balai.
« J’ai quasiment fini d’passer l’balai. Faque si tu marches dans mon bourrier, j’te lève la peau! »
Braquer
verbe — Braquer, en madelinot, c’est partir en direction de, prendre le chemin de.
« Aussitôt que tcheuqu’un braquait pour la grand-terre, on y demandait de nous ramener du McDo. »
Retrouvez-le dans : Arrête tes grand’ palabres : vrai ou faux aux Îles-de-la-Madeleine →
Bretchin
nom commun — Un bretchin, aux Îles-de-la-Madeleine, c’est une botte d’hiver haute à lacets, souvent avec un col en fourrure.
« J’viens d’m’acheter des nouveaux bretchins flambants neufs au P’tit Pichou, à Fatima. »
C
Canneçan
nom commun — Une canneçan, en madelinot, c’est une culotte, un caleçon.
« I’ fait frette déhors; met tes grands canneçans. »
Capseyer
verbe — Capseyer, aux Îles, veut dire tomber, chavirer.
« À force de s’galancer fort de même, a va finir par capseyer. »
C’est t’i’…?
locution — C’est t’i’…?, c’est la façon madelinienne de demander « Est-ce que c’est…? ».
« Mais c’est t’i’ vraiment vrai? »
Retrouvez-le dans : Arrête tes grand’ palabres : vrai ou faux aux Îles-de-la-Madeleine →
Chose
nom commun — Aux Îles, chose, ça peut être un objet, une personne… ou une chose. Voir aussi : machine.
« Tsé, la fille à chose, là… ben a sort avec le gars à machine, qu’avait le bateau bleu su’ l’quai de Cap-aux-Meules. »
Corver
verbe — Corver, en madelinot, veut dire crever, mourir. On l’utilise aussi dans le sens de rire beaucoup.
« Moi quand mononc’ Jean-Louis enlève sa postiche pis son dentier, i’ m’fa corver. »
Crolo
nom commun — Le crolo, aux Îles-de-la-Madeleine, c’est la tête.
« Non, c’est non! Rentre-toi ça dans l’crolo comme i’ faut! »
C’tu fâ?
locution — C’tu fâ?, c’est la façon madelinienne de demander « Que fais-tu? ». Voir aussi : Qu’osse tu fas?
Retrouvez-le dans : Vivre aux Îles : ce que veut dire être Madelinot →
D
Débardoter
verbe — Débardoter, en madelinot, c’est partir, s’enlever de là rapidement.
« Moi, quand la bataille poigne au Bar des Îles, j’débardote de d’là, pis vite. »
Décalventré
adjectif — Décalventré, aux Îles, veut dire décolleté : aux vêtements largement ouverts à l’avant.
« A l’était assez décalventrée qu’on y voyait quasiment le nombouril. »
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Défourrasser
verbe — Défourrasser, en madelinot, c’est fouiller.
« Quosse tu fais à défourrasser ta chambre de même? As-tu perdu tes verres de contact? »
Retrouvez-le dans : Petit guide du parler madelinot : accents et expressions des Îles →
Défricheter
verbe — Défricheter, aux Îles, veut dire démêler.
« Quand t’vient le temps des impôts, whate misère que j’ai à toute défricheter ça. »
Déglober
verbe — Déglober, en madelinot, c’est capoter.
« Moi, si i’ mouille encore demain matin, c’est garanti que j’va déglober! »
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Dégoter (se)
verbe — Se dégoter, aux Îles, c’est tousser pour se dégager de ce qui nous est pris dans la gorge. Voir aussi : s’engotter.
« As-tu fini d’te dégoter fort de même? Tu déranges tout le monde! »
Dégrayer (se)
verbe — Se dégrayer, en madelinot, c’est enlever son manteau, se déshabiller.
« Y fait encore frette en godam déhors; c’est pas l’temps d’se dégrayer, tu vas attraper la mort! »
Djâbler (faire)
verbe — Faire djâbler quelqu’un, aux Îles, c’est le faire fâcher. Voir aussi : émoustiquer, faire parler.
« Quatre ans c’t’année qu’on peut pas aller ouare les loups-marins parce qu’y’a pas d’glace. J’te dis qu’c’te météo-là nous fait djâbler! »
Retrouvez-le dans : Petit guide du parler madelinot : accents et expressions des Îles →
Djomper
verbe — Djomper, en madelinot, veut dire sauter, sursauter. Le mot vient de l’anglais jump.
« Si y peut s’mette à faire chaud, tu vas m’ouare djomper dans l’char, pis givatôme su’ l’Sandy Hook avec ma serviette pis une canisse de p’tites saucisses! »
Retrouvez-le dans : Madelimots : les régionalismes des Îles de la Madeleine →
Djypentwice
nom commun et blasphème — Djypentwice, c’est un juron madelinot qui veut dire « Maudit! ». Voir aussi : godêche.
« Ah mon djypentwice, toi! »
Retrouvez-le dans : Les gens de par chez nous : portrait tendre des Madelinots →
Dolosse
nom commun — Un dolosse, c’est un bloc de béton de forme géométrique complexe, utilisé entre autres aux Îles pour protéger les havres de pêche contre l’érosion causée par les vagues. (Pas tant un MadeliMot, mais on me demande souvent ce que c’est 😉 )
« C’est calme, c’est beau… assis sur un dolosse à l’anse de mon Étang-du-Nord. »
Retrouvez-le dans : L’anse de mon Étang-du-Nord : l’ennuyance d’un Madelinot exilé →
D’y’ousse tu r’sous?
locution — D’y’ousse tu r’sous?, c’est la façon madelinienne de demander « Tu arrives d’où? ». Voir aussi : r’ssoudre.
Retrouvez-le dans : Petit guide du parler madelinot : accents et expressions des Îles →
E
Élan (un)
nom commun — Un élan, aux Îles, c’est un plus ou moins long moment. Voir aussi : traille.
« Astheure qu’la pêche est finie, ça va prendre un élan avant qu’on aille su’ l’eau. »
Retrouvez-le dans : Sur le parking du Dixie Lee : l’arrivée du Lucy Maud aux Îles →
Emborné
adjectif — Emborné, en madelinot, veut dire tout sale.
« La dernière fois qu’j’ai vu un touriste manger du homard, il a fini tout emborné. »
Emborvé
adjectif — Emborvé, aux Îles-de-la-Madeleine, veut dire détrempé, mouillé de bord en bord.
« I’ mouille à scieau; j’suis tout emborvé. »
Émoustiquer
verbe — Émoustiquer, en madelinot, c’est se fâcher. Voir aussi : faire djâbler.
« Toi, émoustique-me pas, parce que chus p’être pas gros, mais chus mauvais. »
Engotter (s’)
verbe — S’engotter, aux Îles, c’est s’étouffer en buvant ou en mangeant. Voir aussi : se dégoter.
« À force de manger à c’te vitesse-là, i’ va finir par s’engotter. »
Épâré
verbe — Épâré, en madelinot, veut dire étendre, répandre.
« Les enfants ont tout épâré leurs jouets dans l’salon. »
Escarrer (s’)
verbe — S’escarrer, aux Îles, c’est s’installer confortablement.
« Aussitôt qu’il arrive chez eux, i va s’escarrer su son chesterfield pou’ la soirée. »
Escrampe
adjectif — Escrampe, en madelinot, veut dire courbaturé.
« J’ai manière de hâte que l’temps s’hausse un p’tit brin! Moi, l’humidité, ça fait que j’me lève le matin tout escrampe. »
Espérer
verbe — Aux Îles-de-la-Madeleine, espérer veut dire souhaiter, oui, mais aussi attendre, patienter.
« Mais t’es manière de pressé : espère ouare une p’tite minute! »
Étarqué
adjectif — Étarqué, en madelinot, veut dire exagéré. Voir aussi : armenas.
« Le passeport vaccinal pour aller s’chercher un p’tit 26 onces à la commission des liqueurs, c’était étarqué en calvunus. »
Retrouvez-le dans : Y’en a qui disent… : un conte sur le coût de la vie aux Îles-de-la-Madeleine →
Étarquer (s’)
verbe — S’étarquer, aux Îles, c’est forcer au maximum, y aller de son plus fort. Souvent relié à l’action de lancer quelque chose.
« Il voulait j’y lance la boule… ben j’l’ai étarqué pis il a jamais été capable de l’attraper. »
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Étrange
nom commun — Pour un Madelinot, un étrange, c’est quelqu’un qui vient pas des Îles. Pas une insulte : juste un fait.
« Pis l’été, avec ses étranges à qui il faut expliquer le parler madelinot. »
Être en avant d’sa boueille
locution — Être en avant d’sa boueille (de sa bouée), en madelinot, c’est être un peu au-dessus de ses affaires.
F
Face de Mi-Carême
locution — Aux Îles-de-la-Madeleine, une face de Mi-Carême, c’est une insulte pour parler de quelqu’un qui a l’air bête ou qui est plutôt laid. L’expression vient de la Mi-Carême, une fête traditionnelle qui marque la moitié du Carême chrétien, encore célébrée à Fatima. Les gens se costument pour passer les maisons, un peu comme à l’Halloween, mais avec de la bagosse au lieu des bonbons 😉
« Pas encore toâ, avec ta grand’ face de Mi-Carême! »
Retrouvez-le dans : Petit guide du parler madelinot : accents et expressions des Îles →
Faire parler
locution — Faire parler, en madelinot, c’est défier l’autorité, faire fâcher. Voir aussi : pirate.
« Godam qu’i’ sont pirates, ces enfants-là. Tout le temps après faire parler. »
Faraud
nom commun ou adjectif — Un faraud, aux Îles, c’est quelqu’un de frais-chier, arrogant, vantard.
« Je l’sais qu’t’as assez d’argent pour acheter les Îles au grand complet. Arrête de faire ton faraud! »
Fatchin
nom commun — Un fatchin, en madelinot, c’est quelqu’un d’insouciant et paresseux.
« Mon chum fâ nothing et tall dans la maison. Un vrâ fatchin! »
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Flâtre
adjectif — Être flâtre, aux Îles, c’est manquer de vigueur.
« Me semb’ que t’es pas mal flâtre à matin. Pour moi, y’en a qu’a resté tard au Barachois hier soir… »
Flo
nom commun — Aux Îles-de-la-Madeleine, un flo, c’est un enfant. Voir aussi : mousse.
« Je viens d’aller domper mes flos à la garderie. »
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G
Galance
nom commun — Une galance, en madelinot, c’est une balançoire. Se galancer, c’est se balancer.
« Si tu cherche Sophe, a l’est su’ sa galance, en arrière d’la maison. »
Garrocher (se)
verbe — Se garrocher, aux Îles, c’est se précipiter, se lancer tête première.
« Le monde des Îles se garrochait là pour se ramener plusieurs douzaines de beignes à la maison. »
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Godêche
nom commun et blasphème — Godêche, c’est un juron madelinot qui veut dire « Maudit! ». Voir aussi : djypentwice.
« Ah mon godêche, toi! T’auras ma main su’ la goule! »
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Gorziller
verbe — Gorziller, en madelinot, c’est frissonner de dégoût. Voir aussi : ça fait zire.
« Cheuqu’un qui s’joue après les orteils, ça m’fait gorziller. »
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Grand-terre
nom commun — Pour un Madelinot, la grand-terre, c’est le continent : tout ce qui est de l’autre bord de l’eau.
« Aussitôt son secondaire fini, il a braqué pour la grand-terre, pis on l’a jamais revu. »
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H
Habit thermos
nom commun — Un habit thermos, aux Îles, c’est un habit de neige.
« Mets ton habit thermos, envoye su’ l’ski-doo pis givatôme par Fatima! »
L
Lique
nom commun — Un lique, en madelinot, c’est une fuite de liquide. Le mot vient de l’anglais leak.
« Quand t’tu jettes tes premières trawls d’l’année dans l’eau, c’est garanti qu’c’est pas l’temps d’trouver qu’ton botte lique. »
Lune pouellouse
locution — Une lune pouellouse, c’est une lune un peu sale. Aux Îles, les vieux prédisaient la météo en regardant la lune.
« Oué ben… la lune est pas mal pouellouse de soir. D’après-moi, y va venter d’main. »
M
Machine
nom commun — Aux Îles, machine, ça peut être un objet, une personne… ou une machine. Voir aussi : chose.
« Tsé, le gars à machine, là… qu’avait le bateau bleu su’ l’quai de Cap-aux-Meules… bon ben i’ sort avec la fille à chose. »
Madelinot, Madelinienne
nom commun et adjectif — Personne qui vient des Îles-de-la-Madeleine. Au masculin, on dit Madelinot; au féminin, c’est Madelinienne. Au pluriel : des Madelinots, des Madeliniennes. Comme adjectif, on dit le parler madelinot, mais on entend aussi madelinien : la culture madelinienne, la diaspora madelinienne.
Malengoulé (être)
adjectif — Être malengoulé, en madelinot, c’est être grossier, impoli.
« Mais t’es manière de malengoulé avec moi! J’t’ai t’i’ fâ d’quoi? »
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Mangup
nom commun — Un mangup, aux Îles, c’est une collation.
« Si t’as coutume de t’faire un p’tit mangup à tous les soirs avant d’te coucher, ça s’pourrait qu’tu finisses par te l’ver avec un gros tchu! »
Masse fa qu’t’as fa ça?
locution — Masse fa qu’t’as fa ça?, c’est la façon madelinienne de demander « Pourquoi as-tu fait ça? ».
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Messe
nom commun — Un messe, en madelinot, c’est une grande quantité de quelque chose, ou un gros dégât.
« Mais whate messe d’homard qu’on s’a fa vendredi passé. »
Mousse
nom commun — Aux Îles-de-la-Madeleine, un mousse, c’est un enfant. Voir aussi : flo.
« À qui c’t’es l’mousse? »
N
Nage
nom commun — Être en nage, en madelinot, c’est suer.
« L’été passé, j’ai été à Montréal en pleine canicule. I’ faisait assez chaud, que yèque à rincher d’la gomme, j’v’nais tout en nage! »
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Narffe
nom commun — Les narffes, aux Îles, ce sont les nerfs.
« Lui, il en a assez fâ, qu’il a fini par nous taper sur les narffes. »
O
Ouéllo
nom commun — Un ouéllo, en madelinot, c’est un type d’arbre, un genre de saule.
« Si on avait eu c’te verglas-là ici, mes ouéllos auraient fini dans l’canal! »
P
Palabres
nom commun — Aux Îles-de-la-Madeleine, les palabres, ce sont les histoires qui courent, vraies ou pas. Voir aussi : armenas.
« Les palabres, c’est fait pour voyager. »
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Pas etchette
locution — Pas etchette, en madelinot, veut dire pas achalé, pas inquiété.
« Ah ben, c’est toi qui a été élu maire de la municipalité? Ouin, t’es pas etchette. »
Pelleiller
verbe — Pelleiller, aux Îles, c’est pelleter.
« Rita, tu vas pouwoir sortir ton char; j’ai toute pelleiller l’entrée à matin. »
Petouner
verbe — Petouner, en madelinot, c’est chialer. Voir aussi : badjeuler.
« Su’ Facebook, tout l’temps qu’ça petoune. »
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Pirate
nom commun — Aux Îles, un pirate, c’est le gars avec une jambe de bois et un perroquet sur l’épaule… mais aussi quelqu’un d’espiègle, de déplaisant. Voir aussi : faire parler.
« Son gars? C’est un vrai p’tit pirate! »
Poigner le râclo
locution — Poigner le râclo, en madelinot, c’est prendre le champ avec son auto, par exemple. Voir aussi : râclo.
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Pourginée
nom commun — La pourginée, aux Îles, c’est la descendance, la lignée.
« Si ça continue, va falloir qu’i s’achète un autobus pour traîner toute sa pourginée avec lui. »
Poutch
nom commun — Une poutch, en madelinot, c’est un étui à crayons. Le mot vient de l’anglais pouch.
« Si tu trouves pas ton crayon, garde dans ta poutch; i’ doit être là. »
Q
Quosse
pronom — Quosse, en madelinot, veut dire quoi ou qu’est-ce que.
« Quosse tu dis là, toâ? »
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Qu’osse tu fas?
locution — Qu’osse tu fas?, c’est la façon madelinienne de demander « Qu’est-ce que tu fais? ». Voir aussi : C’tu fâ?
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R
Rabousiner
verbe — Rabousiner, aux Îles, c’est réparer sommairement, botcher une jobine.
« À c’te prix-là, j’espère qu’le garage va pas yèque rabousiner mon char. »
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Râclo
nom commun — Un râclo, en madelinot, c’est un terrain clôturé. Voir aussi : poigner le râclo, bouchure.
« Avec la tempête qu’y’a eu ici, y’avait what a pilot de neige dans l’râclo! »
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Raiser
verbe — Raiser, aux Îles, veut dire rayer, barrer.
« Il a dit B-9; tu peux l’raiser d’su’ ta carte. »
Ramander
verbe — Ramander, en madelinot, c’est toujours demander quelque chose, insister pour avoir de quoi.
« Arrête de ramander, sinon, c’est la dernière fois que maman t’ameune chez Peoples. »
Remaine
nom commun — Une remaine, aux Îles, c’est une balance pour se peser.
« Astheure que j’travaille de t’chez nous, me semble que j’suis tout l’temps après d’manger. Amène ouare la remaine ici que j’voueille si j’ai pas trop engraissé. »
Renfougner
verbe — Renfougner, en madelinot, c’est ramasser négligemment, froisser.
« J’ai trouvé mon casse de poil toute renfougné en arrière d’la chaise dans l’salon. »
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Rincher
verbe — Rincher, aux Îles, veut dire mâcher.
« À tous les fois qu’i’ joue à la balle-meule, i’ rinche sa gomme comme un gars d’Fatima. »
R’ssoudre
verbe — R’ssoudre, en madelinot, c’est arriver de manière inattendue. Voir aussi : D’y’ousse tu r’sous?
« Déjà la Mi-Carême. Tu vas en ouare une gang r’ssoudre par ici après c’temps ici! »
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S
Sagan
adjectif ou nom commun — Un sagan, aux Îles, c’est quelqu’un de malpropre, déguenillé.
« Y en avait une gang de sagans su’ la plage après-midi; ils ont toute laissé leurs cochonneries là. »
Scrigne
nom commun — Un scrigne, aux Îles-de-la-Madeleine, c’est un moustiquaire. Le mot vient de l’anglais screen.
« Aweille, Armand! Go dans l’garage chercher les scrignes à mouche : les godams de maragouins sont sortis! »
Se pousser pour
locution — Se pousser pour quelqu’un, en madelinot, c’est avoir un kick sur, être en amour avec.
« Pour qui c’tu t’pousses? Moi, j’me pousse pour Annie. »
Slinguer
verbe — Slinguer, en madelinot, veut dire frapper, donner un coup.
« La dernière fois qu’i’ s’a battu au Barachois, i’ s’a fâ slinguer comme i’ faut su’ la djeule. »
Sneaker (à prononcer en français)
verbe — Sneaker, aux Îles, c’est espionner. Le mot vient de l’anglais sneak.
« Je l’ai surpris en train de sneaker par le châssis. »
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Soleil de mer
nom commun — Un soleil de mer, aux Îles-de-la-Madeleine, c’est une méduse.
« Y avait une trawlée d’soleils de mer sur le Havre-aux-Basques après-midi! »
Retrouvez-le dans : À l’affiche cette semaine : le Cinéma madelinot et le ciné-parc des Îles →
Squall
nom commun — Un squall, en madelinot, c’est une averse. Ça peut être une averse de pluie, mais on l’utilise aussi parfois pour parler d’une grosse quantité de quelque chose. Le mot vient de l’anglais squall, une bourrasque.
« Whate squall qui a eu déhors talleur. »
Retrouvez-le dans : Madelimots : les régionalismes des Îles de la Madeleine →
Subler
verbe — Subler, aux Îles, c’est siffler, siffloter.
« Tout bon pêcheur doit d’abord savoir subler en travaillant. »
T
Tabagane
nom commun — Une tabagane, en madelinot, c’est un traîneau, une traîne sauvage.
« Après l’école, ça te tentra t’i’ de v’nir faire d’la tabagane su’ la butte du Carnaval? »
Tambour
nom commun — Aux Îles, le tambour, c’est l’entrée de la maison : la petite pièce adjacente à la maison qui servait d’entrée.
« Reste pas dans l’tambour, passe dans l’salon! »
Tcheuque
déterminant — Tcheuque, en madelinot, veut dire quelques.
« J’ai pris tcheuque saucisses à Côte-à-Côte pou’ souper. »
Retrouvez-le dans : Mon Noël d’antan : souvenirs de Noël aux Îles-de-la-Madeleine →
Tchoeur à sang
locution — Avoir le tchoeur à sang, aux Îles, c’est avoir des brûlures d’estomac.
« J’sais pas masse fait, mais ces temps ici, à tous les fois que j’mange des chips, me semble t’i’ qu’j’ai l’tchoeur à sang… »
Trafilée
nom commun — Une trafilée, en madelinot, c’est une grande quantité, un en arrière de l’autre.
« Non, mais whate trafilée d’monde au Decker Boy! »
Traille
adverbe — Une traille, aux Îles, c’est une unité de mesure de temps. Souvent longue. Voir aussi : élan.
« Whate traille qu’on s’a pas vu! Yousse que t’étais? »
Retrouvez-le dans : Petit guide du parler madelinot : accents et expressions des Îles →
W
Whate
déterminant — Whate, en madelinot, veut dire quel, quelle. Le e de la fin se prononce. Le mot vient de l’anglais what.
« Whate affaire de monde qu’y avait aux P’tits bateaux su’ la Grave aujourd’hui! »
Retrouvez-le dans : Madelimots : les régionalismes des Îles de la Madeleine →
Y
Yèque
adverbe — Yèque (se dit aussi yinque, en québécois), aux Îles, veut dire juste, uniquement, seulement.
« J’ai yèque acheté une ou deux affaires chez SAAN dans l’temps qu’on avait ça aux Îles. »
Retrouvez-le dans : Les gens de par chez nous III : portrait de Madelinots typiques →
Z
Zigne
nom commun — Le zigne, en madelinot, c’est une broche de métal qui a la particularité de pas rouiller, dont on se sert pour faire des clôtures pour animaux. Voir aussi : bouchure.
« L’année qui vient, ça va prendre du zigne parce qu’i’ va falloir toute refaire la bouchure. »
Zire (ça fait)
locution — Ça fait zire, aux Îles, ça veut dire ça dégoûte. Voir aussi : gorziller.
« J’ai eu un professeur de catéchèse qui a déjà échappé son dentier sur le pupitre d’un élève en parlant. Juste y penser, ça me fait zire! »
Retrouvez-le dans : Madelimots : les régionalismes des Îles de la Madeleine →
FOIRE AUX QUESTIONS
FAQ sur le parler madelinot
Qu’est-ce que le parler madelinot?
C’est la façon de parler français propre aux Îles-de-la-Madeleine : un vocabulaire, des expressions et des accents qu’on retrouve souvent nulle part ailleurs. Des mots comme badjeuler, flo ou grand-terre en sont de bons exemples.
D’où vient le parler madelinot?
La plupart des Madelinots descendent d’Acadiens. Le parler des Îles est donc d’abord un français acadien. Avec les années, il s’est enrichi de mots de la mer et de la pêche, et de mots venus de l’anglais, comme scrigne (screen), whate (what) ou lique (leak).
C’est de l’acadien ou du québécois?
Un peu des deux. Les spécialistes le rattachent historiquement au français acadien, mais les Îles font partie du Québec depuis l’Acte de Québec (1774), et les contacts avec le Québec l’ont fait évoluer, surtout dans la deuxième moitié du 20e siècle.
Est-ce qu’on parle pareil partout aux Îles?
Non! D’un village à l’autre, l’accent change. Au Havre-aux-Maisons, les « r » deviennent des « y ». Au Havre-Aubert, on les roule. À Grande-Entrée, on y ajoute un son « gue ». Tous les détails sont dans la section « Un archipel, plusieurs accents », plus haut.
Comment on appelle les gens des Îles?
Un Madelinot, une Madelinienne. Voir l’entrée Madelinot, Madelinienne du lexique.
Tout le monde parle français aux Îles?
Pas tout à fait. Les Îles comptent aussi une communauté anglophone, surtout à Grosse-Île et à l’île d’Entrée.
Je connais un mot qui est pas là. Je peux le proposer?
Oui! Le lexique grossit grâce aux lecteurs. Envoyez votre mot avec sa définition à l’aide du bouton « Proposer un mot », juste en dessous.
Il manque un mot?
C’est sûr qu’ils sont pas tous là! Envoyez-moi le vôtre, avec votre définition et je l’ajouterai.




