Couverture de On se r'parle No 5, de Hugo Bourque

On se r’parle No 5

Pour ceux qui ont les racines qui trempent dans l’eau salée, pis ceux qui rêvent de s’y tremper.

J’sais pas si c’est comme ça pour tous les Madelinots déportés loin de chez eux, mais c’est à peu près à ce temps-ci de l’année que l’ennuyence me prend par les boyaux et me chavire de côté. Comme une urgence urgente de remettre mes racines dans l’eau salée du golfe pour les réhydrater de la bonne manière, avec juste la bonne dose de sel, de sable et de goémon.

Et moi, c’est toujours le début de la pêche au homard qui me fait ça. On dirait une bouffée de fierté qui me poigne par le cagouette et qui me fait avancer par en avant. Un murmure qui me souffle à l’oreille : « Envoye, viens-t’en ! » Pourtant, j’viens pas d’une famille de pêcheurs. Mais même quand j’étais petit et que je voyais les trucks rouler dans les chemins avec plein de cages empilées sur le trailer en arrière, ça me picotait dans les jambes.

Sans oublier les commerces qui s’essaient en affichant « Homard des Îles » avant que nos pêcheurs aient levé la moindre cage c’t’année ! Ne riez pas. Ça m’est déjà arrivé de me le faire proposer. Astheure, quand j’m’informe tcheuque part si y a du homard des Îles, je précise toujours que je suis Madelinot et que je vais tout de suite savoir si c’en est pour vrai ou pas. J’suis pas menaçant, mais presque. Ou comme on dit par chez nous : « Pas gros, mais meuvais ».


Deraspe
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Les cinq recueils

Chaque tome se lit tout seul. Pas besoin de commencer par le premier… mais y’a pas de problème à le faire.

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